Médaille J. B. Tyrrell en histoire

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2010 - Robert Bothwell, MSRC

Auteur et co-auteur de plus de vingt livres sur l’histoire du Canada et l’histoire internationale, Robert Bothwell est l’un des chercheurs les plus prépondérants au Canada dans les domaines de l’histoire internationale et de l’histoire politique du Canada.

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2006 - Henry Vivian Nelles

Department of History, McMaster University

Professor Nelles is one of only a handful of historians of Canada who is acclaimed both at home and abroad, and for good reason. His extensive scholarship is characterized by systematic research, elegant writing and, above all, by his imaginative reconstruction of the Canadian past. Professor Nelles' Distinguished Research Professorship at York University attests to his deserved reputation as a brilliant practitioner of the craft of history.

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2004 - Chad Gaffield

La technologie informatique est désormais monnaie courante dans l’érudition en histoire, et ce, dans l’ensemble du pays. C’est devenu en effet un outil critique pour repenser en profondeur l’histoire du Canada sur les plans conceptuel et méthodologique. À chaque stade de cette remarquable transformation, le professeur Chad Gaffield, du Département d’histoire de l’Université d’Ottawa, a joué un rôle clé. En introduisant de nouveaux concepts comme « l’archiviste automatisé » et en favorisant la collaboration entre « machines et esprits », il a singulièrement pris les rennes de la conception savante d’applications informatisées. Sa dernière réussite : chercheur principal dans le cadre du projet Infrastructure de recherche sur le Canada au 20e siècle, un des plus importants projets de recherche sur l’histoire jamais financés au Canada. Ce projet met en exergue tous les traits distinctifs du leadership novateur de Chad Gaffield : son dynamisme au sein des collectivités francophone et anglophone, sa polyvalence et sa capacité à s’assurer une collaboration pancanadienne et internationale. Pour toutes ces raisons, Chad Gaffield est un des érudits les mieux connus et les plus respectés dans le milieu des sciences sociales et humaines au Canada. Avec son œuvre conceptuelle et méthodologique pionnière, d’une part, et ses études primées sur les XIXe et XXe siècles, d’autre part, il ne cesse de contribuer de manière exceptionnelle à l’avancement de la connaissance de l’histoire canadienne.

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2002 - David Jay Bercuson, MSRC

Chaque génération voit trois ou quatre historiens canadiens se démarquer de leurs collègues par la qualité toujours exceptionnelle de leurs travaux. Il n'y a pas si longtemps encore, la liste de ceux-là comprenait des noms comme Innis, Lower, Creighton, Brebner, Stacey, Stanley, et quelques autres encore. Ils étaient lus non seulement par les autres historiens, mais également par des hommes et des femmes issus d'autres disciplines. Bien souvent aussi, ils avaient pour lecteurs des Canadiens et des Canadiennes de toutes les couches de la société. Qui plus est, leur œuvre allait résister à l'épreuve du temps. David Jay Bercuson, MSRC, professeur au Département d'histoire de The University of Calgary, est le digne compagnon de ces éminents historiens d'un autre temps. Pendant un quart de siècle, il a enrichi par de nombreuses contributions prégnantes plusieurs branches de l'histoire du Canada : l'histoire ouvrière et syndicale, celle de la diplomatie et de la politique, l'histoire des régions, la biographie et l'histoire militaire. Directeur de thèse de près d'une vingtaine de jeunes chercheurs, il fut aussi doyen des hautes études. Il a travaillé à la Société historique du Canada et dans d'autres ordres professionnels, et il fut le rédacteur en chef du Canadian Historical Review. Il a bénéficié, tout au long de ses recherches, d'importantes subventions telles la bourse Killam. Par ailleurs, ses écrits journalistiques et ses œuvres de vulgarisation ont probablement fait de lui l'historien le plus connu au Canada. Ses travaux émérites alliés à une activité inlassable au sein de sa profession et au don inné qu'il a de mettre ses travaux à la portée aussi bien d'un public averti que des experts représentent une combinaison rare. Les réalisations de David Jay Bercuson pendant les vingt-cinq dernières années constituent un brillant palmarès.

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2000 - Joy Parr, MSRC

Spécialiste maintes fois publiée de l'histoire sociale du Canada, Joy Parr est l'une des meilleures historiennes de sa génération. Ses travaux sur les enfants d'immigrants et les structures sexodifférenciées du travail à l'ère de l'industrialisation au Canada ont fait école et lui ont valu une grande renommée. Lauréate d'une multitude de prix et de distinctions, elle a reçu, entre autres, le prix Sir John A. Macdonald de la Société historique du Canada, de même que le prix Garneau (décerné au meilleur livre d'histoire publié par un Canadien entre 1989 et 1994) pour The Gender of Breadwinners, et elle a à deux reprises été couronnée par le prix Hilda Neatby de la SCH. L'un des rares historiens canadiens à avoir attiré l'attention à l'étranger, elle a reçu le prix Berkshire (1988) qui récompense le meilleur article d'histoire publié aux États-Unis par une femme, ainsi que le prix Abbot Payson pour le meilleur article publié dans Technology and Culture entre 1996 et 1999. En hommage à son oeuvre, elle a reçu un diplôme honoris causa de l'University of Windsor (1997), elle a été nommée professeure émérite invitée à la State University of New York et à l'University of Guelph, et a été conférencière invitée à Oxford (1996-1997), à Uppsala et à Radcliffe. En 1999, elle a reçu la chaire William Lyon Mackenzie King à Harvard. Elle occupe actuellement la chaire Nancy et Jack Farley à Simon Fraser University et a atteint le faîte de sa carrière universitaire avec la publication récente de deux monographies consacrées à des sujets relatifs à la technologie et au travail de maison.

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1998 - Jean-Claude Robert, MSRC

Jean-Claude Robert, de l'Université du Québec à Montréal, est l'auteur d'une oeuvre substantielle et novatrice consacrée principalement à l'étude du Québec au dix-neuvième siècle. Cette oeuvre se caractérise par l'attention portée à l'élucidation des dimensions spatiales des processus historiques et à une vision intégrée de l'histoire, également attentive aux dimensions démographiques et économiques. Un projet de grande envergure sur l'évolution de l'Axe laurentien au 19e siècle, engagé depuis plusieurs années, débouche sur une nouvelle vision du développement économique au siècle dernier, menant au remplacement du paradigme traditionnel du « staple » par une conception du développement économique davantage axée sur la dynamique interne des colonies. Le professeur Robert a contribué à plusieurs titres à l'Atlas historique du Canada et il est l'auteur d'un Atlas historique de Montréal. Auteur d'importants ouvrages de synthèse, il a voulu y intégrer une dimension économique, sociale et culturelle. L'Histoire du Québec contemporain, dont il est coauteur, est devenue un standard dans l'enseignement de l'histoire du Québec, et cet ouvrage a aussi eu une grande influence sur la recherche en orientant des travaux et en alimentant la réflexion de nombre d'historiens.

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1996 - Yves Roby, MSRC

Yves Roby vient de publier une magistrale synthèse de l'histoire démographique, économique et sociale de l'émigration d'un demi million de Canadiens français vers les États-Unis : Les Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre, 1776-1930 (Septentrion, 1990, 430 p.). Cet ouvrage a reçu un acceuil unanimement louangeur de la part des milieux scientifiques. Exhaustif et de grande ampleur, d'une érudition sans équivalent, il a été jugé comme « the most thorough and conceptually-sound synthesis » sur ce sujet majeur de notre histoire.

Cette synthèse complète le bilan de 20 années de recherche. Elle s'ajoute à des travaux antérieurs approfondis et reconnus, comme Les Québécois et les investissements américains et L'histoire économique du Québec, 1851-1896. Ce dernier ouvrage a reçu le prix du Gouverneur général en 1972 et, en 1990, il figure au palmarès des dix meilleurs ouvrages parus au cours du dernier demi-siècle.

Les travaux d'Yves Roby constituent des références obligées et des contributions exceptionnelles. Son récent bilan est un jalon majeur dans la réalisation d'une oeuvre éminente.

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1994 - Cornelius J. Jaenen, MSRC

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1992 - J.L. Granatstein, MSRC

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1990 - MM. Hubert Charbonneau, MSRC, et Jacques Légaré, MSRC

Les professeurs Charbonneau et Légaré sont les pionniers, au Québec et au Canada, de la démographie historique utilisant comme base de données l'ensemble de tous les actes d'État civil saisis sur ordinateur de façon à reconstituer automatiquement toutes les familles de la Nouvelle-France, des débuts du XVIIe siècle à 1765. Inutile de préciser ici que les deux ont inventé de nouvelles méthodes de couplage automatique des données démographiques, notamment des noms de personne, permettant à cette innovation de se répandre à travers le monde. Leur impact a été certain en Europe, en France notamment, et en Amérique.

Les professeurs Charbonneau et Légaré ont tous deux brillé sur la scène nationale et internationale, en donnant des communications et des conférences sur pratiquement tous les continents du monde, de Paris, Londres et Madrid à Sydney, Tokyo, et Manille, sans parler de divers pays d'Afrique, de l'Amérique du Nord et de l'Amérique latine. Tous deux se sont impliqués non seulement dans la vie de leur université, dans un grand nombre de sociétés savantes où ils ont occupé des fonctions importantes, dans divers comités de revues nationales et internationales, mais ils se sont occupés aussi de questions contemporaines au sein de commissions ou conseils privés et publics en vue d'améliorer la qualité de vie de leur milieu.

Le professeur Charbonneau est né à Montréal en 1936 et s'est mérité une maîtrise en géographie (1958) de l'Université de Montréal, un diplôme (1960) et un doctorat (1969) de l'Université de Paris. Le professeur Charbonneau est l'auteur de quatre livres, et co-auteur ou directeur de six autres volumes. Il est aussi co-directeur (avec Légaré) de la fameuse et populaire série en 45 volumes du Répertoire de l'État civil ancien au Québec, série absolument indispensable pour quiconque veut faire de la généalogie, de l'histoire des familles et des études de cas pour la période de la Nouvelle-France. M. Charbonneau est professeur au Département de démographie, Université de Montréal, depuis 1965.

Le professeur Légaré est né à Montréal en 1938 et a reçu un B.Sc. (1969) de l'Université de Montréal, un diplôme (1963) et un doctorat (1969) de l'Université de Paris. Le professeur Légaré a également publié sept ouvrages, la plupart en collaboration. Il a produit 56 articles publiés dans les revues canadiennes et étrangères. Il est professeur au Département de démographie à l'Université de Montréal depuis 1965.

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1988 - Michael Bliss, MSRC

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1986 - John W. Holmes, MSRC

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1984 - Carl Berger, MSRC

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1982 - Jean-Pierre Wallot, MSRC

Jean-Pierre Wallot, Professeur d'histoire à l'Université de Montréal, est l'un des plus actifs et des meilleurs historiens canadiens de sa génération. Ses travaux divers - bibliographiques, d'histoire politique, sociale et économique - ont contribué de façon fondamentale à renouveler les perspectives sur l'histoire du Canada au tournant du dix-neuvième siècle.

À une époque où l'histoire débordait ses cadres traditionnels, Jean-Pierre Wallot a pu, seul et en collaboration, reconstruire avec l'aide de ces outils nouveaux et des outillages traditionnels de l'historien, une des versions les plus riches que nous ayions à ce jour de la trame socio-politique et socio-économique du Bas-Canada.

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1979 - W.J. Eccles

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1975 - George Ramsay Cook, MSRC

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1972 - Jean Hamelin, MSRC

Monsieur Jean Hamelin, vice-doyen à la recherche à la Faculté des lettres de l'Université Laval, de 1969 à 1971, directeur du Département d'histoire de la même université depuis le ler juin 1971, s'affirme de plus en plus comme l'un des chefs de file dans la recherche historique au Canada français.

Après avoir obtenu sa licence en histoire à Laval, Jean Hamelin s'inscrivit à l'École pratique des Hautes Études de Paris. Ses recherches aboutirent à la parution, en 1960, de sa thèse, Économie et Société en Nouvelle-France. L'historien français Robert Mandrou n'hésite pas à voir dans « ce livre, petit par le volume mais riche de savoir, d'hypothèses fécondes », « un ouvrage de pionnier » qui « ouvrait en 1960 des perspectives neuves de larges recherches » (« L'historiographie canadienne-française, bilan et perspectives », The Canadian Historical Review, LI, no 1, March 1970, pp. 14-15).

Depuis lors Hamelin a fait porter ses efforts dans deux directions différentes.

Tout d'abord il voulut suppléer à la carence d'ouvrages qui faisaient cruellement défaut aux chercheurs, en publiant des ouvrages de référence. C'est ainsi qu'avec l'aide de collaborateurs, il fit paraître successivement : Les journaux du Québec, de 1764 à 1964, le Répertoire des publications gouvernementales du Québec, 1867-1964, le Guide d'histoire du Canada, le Répertoire des grèves dans la Province de Québec au XIXe siècle.

Concurremment avec ce travail de compilation, le Professeur Hamelin poursuivait ses recherches en histoire socio-économique. Délaissant le domaine de la Nouvelle-France, il s'attacha à l'étude de différents aspects de l'histoire du Québec. Il s'intéressa à la sociologie électorale, ainsi qu'en témoignent les publications suivantes : Les élections provinciales dans le Québec, 1867-1950; Quatre élections provinciales au Québec, 1956-1966; Les moeurs électorales au Québec, de 1791 à nos jours.

Mais c'est surtout l'histoire économique et sociale du Québec qui requiert de plus en plus son activité de chercheur. Avec la collaboration du professeur Yves Roby, il vient de faire paraître son Histoire économique du Québec, 1851-1896. Cet ouvrage marquera certainement une date dans l'historiographie canadienne-françaîse. Il s'inscrit dans la grande tradition de l'École des Annales de Paris, à la suite des travaux de maîtres comme Labrousse, Chaunu, Braudel, Bouvier, etc. Hamelin songe à lui donner une suite en poursuivant ses recherches jusqu'à nos jours.

Il sera puissamment aidé dans cette tâche par le groupe de jeunes chercheurs qu'il a su réunir autour de lui. En effet, non content de faire oeuvre personnelle, il a été, depuis dix ans, le promoteur du travail en équipe au département d'histoire de Laval. Il a suggéré et dirigé des travaux sur la condition ouvrière au Canada français, travaux qui renouvelleront notre connaissance du monde ouvrier et syndical du Québec.

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1970 - Fernand Ouellet, MSRC

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1968 - Gerald William L. Nicholson

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1966 - Edgar McInnis

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1965 - W. Kaye Lamb, MSRC

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1964 - Marcel Trudel

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1963 - Frank H. Underhill, MSRC

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1962 - James Maurice S. Careless, MSRC

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1961 - Guy Frégault

J'ai l'honneur de vous présenter, pour la médaille Tyrrell, le docteur Guy Frégault, ci-devant directeur de l'Institut d'Histoire de l'Université d'Ottawa et, depuis plusieurs semaines, sous-ministre du Ministère des Affaires culturelles de la Province de Québec.

Toute la vie du docteur Frégault a été consacrée à la cause de l'Histoire : après ses humanités au Collège de Saint-Laurent, au Collège Brébeuf et à l'Université de Montréal, il obtient, en 1942, son Ph.D. en Histoire de l'Université Loyola, à Chicago. Après un bref séjour aux Archives de la Province, à Québec, le docteur Frégault revient à l'Université de Montréal, où il sera professeur à la Faculté des Lettres, directeur de l'Institut d'Histoire, Vice-doyen de sa Faculté avant de passer, il y a deux ans, à la direction d'un Institut similaire, à l'Université d'Ottawa.

Les sections des humanités et des sciences sociales de la Société royale du Canada veulent honorer aujourd'hui l'oeuvre de l'historien éminent qui s'est affirmé, depuis 1944, par des ouvrages qui font autorité et dont il faut admirer les qualités qui marquent les oeuvres définitives. Il suffit, en effet, de mentionner les plus importants de ces travaux pour bien comprendre que la médaille Tyrrell ne pouvait avoir un plus digne récipiendaire : Iberville le Conquérant (1944), La Civilisation de la Nouvelle-France (1944), François Bigot, administrateur français (1949), Le Grand Marquis, Rigaud de Vaudreuil et de la Louisiane (1952), La Guerre de la Conquête (1955) constituent, en effet, une production de haute qualité qui témoigne des dons exceptionnels du chercheur et de l'historien aussi bien que des qualités incontestables de l'écrivain.

Le docteur Guy Frégault vient tout juste d'accéder à un poste de commande, celui de Sous-Ministre des Affaires culturelles de la Province de Québec : cette promotion constitue un témoignage non équivoque pour les qualités transcendantes de celui qui devient le premier titulaire de cette charge : tous les amis du docteur Frégault souhaitent vivement que l'exaltation de la culture ne se fasse pas trop ici aux dépens de l'Histoire et des recherches historiques. Mesdames, Messieurs, le docteur Guy Frégault, récipiendaire de la médaille Tyrrell pour 1961.

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1960 - Samuel Delbert Clark, MSRC

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1959 - Arthur Maheux, MSRC

J'ai l'honneur de vous présenter pour la Médaille Tyrrell Mgr Arthur Maheux, O.B.E., historien et archiviste, professeur honoraire de la Faculté des Lettres de l'Université Laval.

Il y a soixante-quinze ans ce mois-ci le jeune Arthur Maheux voyait pour la première fois la lumière du jour dans la ville de Laurier au pays de Québec. Comme je n'appartiens pas à la citadelle de Saskatoon, je puis bien dire que Mgr Arthur Maheux ne pouvait naître sous de meilleurs auspices. Après de brillantes études classiques au Séminaire de Québec, il étudia à l'Université Laval où il obtint sa maîtrise ès arts dans les langues classiques et son doctorat en théologie. II se rendit ensuite en France, à la Sorbonne, où il se spécialisa pendant cinq ans en histoire et en philologie. Mgr Maheux est licencié ès lettres (Sorbonne), diplômé d'études supérieures en philologie (Sorbonne), docteur en droit honoris causa (Frédéricton). Professeur né et administrateur né, Mgr Arthur Maheux participe activement à l'oeuvre de l'Université Laval depuis quarante ans cette année. Il serait trop fastidieux de vous énumérer tous les diplômes universitaires qu'il a conquis, tous les postes qu'iI a occupés dans l'enseignement et dans l'administration, toutes les sociétés savantes et culturelles dont il fait encore partie ou qu'il a soutenues pendant nombre d'années. Il est même, comme chacun sait, capitaine honoraire de l'armée canadienne et président général de l'Alliance Canadienne. Qu'il me suffise de vous dire ceci : il est déjà couvert de lauriers, mais le pays de Québec ne produit plus hélàs ! d'esprits aussi largement cultivés que lui. Lauréat de l'Académie Française (Médaille Richelieu) et de l'Académie Pontificale, universitaire de vaste culture et d'une rare finesse d'esprit, conférencier recherché, homme d'action et polygraphe incomparable, Mgr Maheux mourrait s'il ne pouvait écrire ou dicter à son secrétaire. Que de brochures, que d'articles de revues et de journaux ne sont-ils pas dus à sa plume intarissable ! Le grave archiviste de l'Université Laval peut même, le cas échéant, se transformer en journaliste de grande classe et en redoutable polémiste. Il aime beaucoup d'ailleurs écrire dans les journaux et dans les revues tant de langue française que de langue anglaise. Ce boursier Guggenheim déborde toujours d'activité intellectuelle.

Propos sur l'éducation (1941), Ton Histoire est une épopée, Nos Débuts sous le régime anglais (1941), French Canada and Britain (1942), Pourquoi sommes-nous divisés ? (1943), What Keeps Us Apart? (1944), Problems of Canadian Unity (1944) ; tous ces ouvrages, et je cite seulement les plus récents, sont bien connus. Mgr Maheux conserve aussi dans ses cartons quatre manuscrits prêts à l'impression : Histoire de la compagnie Price, Histoire de l'enseignement des sciences à Québec, Histoire de l'Université Laval, et Le Docteur Jacques Labrie. Ils paraîtront en librairie, je crois, au cours des deux prochaines années.

M. le Président, j'ai le très vif plaisir de vous présenter Mgr Arthur Maheux pour la Médaille Tyrrell.

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1958 - William Lewis Morton, MSRC

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1957 - George F.G. Stanley, MSRC

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1956 - Mgr Olivier Maurault, MSRC

C'est un grand honneur que de vous présenter le titulaire de la médaille Tyrrell 1956 : Monseigneur Jean-Léon Olivier Maurault, p.s.s. qui présida, à titre de Recteur, aux destinées de l'Université de Montréal pendant vingt et un ans.

Notre récipiendaire est bien connu de ses confrères de la Société royale dont il est membre depuis vingt-cinq ans, dont il fut président de la Section française, puis président général en 1944.

Retracer toutes les activités scientifiques et littéraires de Mgr Maurault, faire état des nombreuses distinctions dont il a été l'objet dépasserait très largement le cadre de cette présentation. Que Monseigneur et cet auditoire distingué m'excuse de ne pas présenter un palmarès fort imposant d'activités toutes au service des nobles causes de l'apostolat et de l'éducation.

La Section française, désireuse de couronner l'ensemble de son oeuvre abondante, veut reconnaître en lui l'historien de Montréal et de ses origines, de la compagnie de Saint-Sulpice dont il est l'un des fils les plus distingués, l'esthète raffiné dont plusieurs écrits ont la qualité de pierres précieuses finement taillées.

S'il est permis de porter un jugement sur son oeuvre écrite et son action, car les deux sont solidaires l'une de l'autre, personne ne peut contester que notre distingué confrère soit l'un des précurseurs du mouvement artistique de la métropole. Nombreux sont ceux qu'il a aidés, orientés vers des carrières à peu près inconnues chez nous, voici trente-cinq ans.

N'a-t-il pas été l'instigateur de ces premières expositions artistiques à la Bibliothéque Saint-Sulpice, le préfacier de nos premiers ouvrages sur l'art canadien, l'avant-gardiste toujours attentif à toutes les disciplines d'ordre culturel. Orateur et prédicateur à l'éloquence chaude, prenante et d'une haute distinction, la paroisse Saint-Jacques s'en souvient et ceux de Notre Dame aussi, il nous a maintes fois représenté dans les deux Amériques et en Europe avec les qualités, l'âme et le coeur de conquérants.

Durant toute sa carrière, Mgr Olivier Maurault fait figure d'un précurseur qui n'a pas en vain prêché dans le désert, si l'on considère les progrès de notre marche dans "les sentiers de la culture" pour rappeler le titre de l'ouvrage de notre confrère S. Ex. Jean Désy.

Aussi le comité a-t-il été étonné de constater, en proposant Mgr Maurault à la médaille Tyrrell, que jamais encore, la Société royale qu'il a si dignement servi, n'avait songé à souligner ses mérites comme elle le fait ce soir. Mais «mieux vaut tard que jamais.» Monsieur le Président, j'ai l'insigne honneur de vous présenter Mgr Olivier Maurault, prêtre de Saint-Sulpice, protonotaire apostolique, chevalier de l'Ordre de Saint Michel et de Saint Georges, docteur honoris causa de nombreuses universités canadiennes et étrangères, orateur et écrivain doublé d'une âme d'apôtre et par-dessus tout, la personnification la plus authentique de notre gentilhommerie canadienne d'expression française.

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1955 - Charles Perry Stacey, MSRC

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1954 - G.P. de T. Glazebrook

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1953 - Séraphin Marion, MSRC

Peu d'écrivains, autant que monsieur Séraphin Marion, appartiennent à la Capitale canadienne. Il y est né; il y a parcouru le cycle complet des études secondaires et universitaires; il y a rempli une carrière toute de fruits et d'honneur.

À peine est-il bachelier ès arts qu'un grand ami de la famille –l'auteur qu'immortalisera le Dictionnaire général de l'histoire du Canada– le dirige vers la Sorbonne. Il y va, en suit les cours, et devient l'un de ses docteurs ès lettres.

Quelques années durant, il enseigne le français au collège militaire de Kingston. En 1925 il entre aux Archives nationales, où il se dépensera jusqu'à ce que, dernièrement, certains prodromes l'avertissent d'avoir à diminuer ses charges et sa vitesse.

L'important dans la vie de monsieur Marion, c'est l'orientation qu'il a su donner à ses énergies non engagées, si j'ose ainsi dire. Radiesthésiste heureux, il a frappé la source d'où s'alimenteraient indéfiniment son esprit et ses productions littéraires et historiques. Les papiers jaunis de notre passé, les journaux maculés qui dorment en paix sous les couches d'une poussière morne et durcie, il les a tirés de leurs ténèbres, il les a fréquentés, il les a pressés pour en extraire la rarissime moelle dont ils sont les receleurs. À ce jeu, il lui est arrivé de trahir quelques-uns de ses secrets les plus intimes. On aurait pu croire que La Querelle des Humanistes canadiens au XIXe siècle et La Bataille romantique au Canada français eussent dû éveiller les intellectuels de chez nous, toujours hélas ! un peu somnolents. S'il n'en fut rien, ou presque rien, serait-ce que les sujets traités se prêtent mal aux discussions paisibles ? À nous d'y voir dans Les Lettres canadiennes d'autrefois –sept volumes contenant une énorme masse de renseignements que nous ignorions en partie, et qu'il nous importe de connaître en entier si nous voulons, autrement que par sauts ou dans un clairobscur sans art, suivre l'évolution des courants d'idées et des graves problèmes de nos devanciers.

Le fait de s'être livré avec la constance d'un bénédictin à l'exploration discrète et laborieuse de notre littérature naissante mériterait seul la récompense qu'une association royale ne décerne qu'à ses membres les plus insignes. Mais notre collègue a bien d'autres crédits à son compte. Pendant de longues années il a servi généreusement et notre Section française et notre Société toute entière. Il a besogné ferme au Secrétariat général; à plusieurs reprises, sur demande du Conseil d'Administration, il a rempli des tâches délicates auprès des premiers ministres de nos provinces; et jamais, à nos réunions, il ne s'est présenté sans quelques-unes des plus belles pages de ses travaux.

Tant de dévouement effectif, une oeuvre écrite si considérable ne sauraient ne pas attirer l'attention. Aussi notre Société, toujours soucieuse de couronner les valeurs authentiques, a-t-elle cru bon d'attribuer à monsieur Séraphin Marion l'une des plus hautes distinctions dont elle dispose annuellement. Noble geste, à coup sûr, que personne ne désavouera parmi les admirateurs et les amis nombreux du récipiendaire.

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1952 - Charles Bruce Sissons, MSRC

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1951 - Jean Bruchési, MSRC

Les titres de M. Jean Bruchési à la médaille Tyrrell reposent sur une oeuvre historique remarquable, doublée d'une action publique, l'une et l'autre en parfaite harmonie et se complétant mutuellement.

Né à Montréal en 1901, M. Bruchési, après avoir fait ses humanités à l'Université de Montréal et obtenu son admission au Barreau de la province de Québec, alla parachever ses études à l'École libre des Sciences politiques et à l'École des Chartes, de Paris. Il est docteur ès sciences sociales de l'Université de Montréal et docteur ès lettres honoris causa de l'Université de Caen. Professeur, journaliste, fonctionnaire, écrivain, il mène de front des tâches multiples avec une ardeur infatigable. Depuis 1934, il occupe les fonctions de sous-secrétaire de la province de Québec. Il est président de la Société des Écrivains canadiens, de l'Institut canadien de Québec, de la Société canadienne d'Enseignement post-scolaire, des Visites interprovinciales et du « Canadian Arts Council ». Il est membre de la Société des Dix, du « Pen Club » international, de l'Institut canadien des Affaires internationales et de plusieurs autres sociétés.

C'est à l'histoire que M. Bruchési a toujours consacré le meilleur de son activité intellectuelle. Professeur d'histoire à l'Université de Montréal dès 1927, il y occupe encore la chaire de politique étrangère à la faculté des Sciences sociales, économiques et politiques. Il enseigne aussi l'histoire du Canada au Collège Marguerite Bourgeoys et l'histoire économique à l'École supérieure du Commerce de l'Université Laval.

En 1948, M. Bruchési a donné une série de conférences publiques à la Sorbonne sur le Canada d'hier et d'aujourd'hui et un cours sur le Canada contemporain à l'Institut d'Etudes politiques. À cette occasion, il s'est fait entendre à Paris et dans plus de quinze villes de province comme conférencier officiel de l'Alliance française. Le printemps dernier, la Société Royale lui confiait le soin de porter la bonne parole dans les principaux centres du Canada. Au retour de cette mission culturelle, le titre de docteur ès lettres honoris causa lui était décerné, il y a quelques jours, par l'Université du Manitoba.

Les principaux ouvrages historiques de M. Jean Bruchési sont : Jours éteints (1929); Aux marches de l'Europe (1931); Histoire du Canada pour tous (1934, 1935), L'Épopée canadienne (1935); Rappels (1941); De Ville-Marie à Montréal (1942); Évocations (1947); Canada, réalités d'hier et d'aujourd'hui (1948), traduit en anglais sous le titre, A History of Canada (1950). Il faudrait ajouter à cette liste des nombreux articles parus dans des revues canadiennes et dans les Mémoires de la Société royale.

M. Bruchési excelle à grouper les événements essentiels et à les situer dans une perspective propre à en faire jaillir la pleine signification. Le texte de Canada, réalités d'hier et d'aujourd'hui a été préparé pour des auditeurs de France. Publié sous forme de livre à Montréal, il a paru à Toronto dans une version anglaise rigoureusement conforme à l'original. Par la plume et par la parole, M. Bruchési se présente ainsi comme un fidèle interprète du groupe d'origine française auprès de l'élément canadien de langue anglaise.

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1951 - Donald Grant Creighton, MSRC

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1950 - John Bartlet Brebner

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1949 - Reginald G. Trotter, MSRC

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1948 - Lionel Groulx, MSRC

En décernant la médaille Tyrrell au chanoine Lionel Groulx, la Société royale du Canada reconnaît les mérites du plus grand historien contemporain du Canada français.

Le chanoine Groulx est né aux Chenaux de Vaudreuil, en 1878, d'une famille de cultivateurs. Il fit ses humanités au collège de Sainte-Thérèse et ses études de théologie au Grand Séminaire de Montréal. Ordonné prêtre à Valleyfield, en 1903, il y enseigna les lettres une année, se rendit à Rome, y prit ses doctorats en philosophie et en théologie, puis étudia quelques mois à l'Université de Fribourg en Suisse, et rentra au pays en 1909. Jusqu'en 1915, il enseigna, à Valleyfield, la rhétorique et l'histoire. Il fut alors chargé de la chaire d'Histoire du Canada à l'Université de Montréal. Il l'occupe encore après trente-trois ans, ayant jeté, par son enseignement, un grand lustre sur notre faculté des Lettres. Il a récemment créé, hors des cadres de l'Université, un « Institut d'Histoire de l'Amérique française », pourvu d'une remarquable revue du même nom.

Déjà, en 1917, il avait dirigé la revue d'Action française à laquelle succéda, vingt ans après, l'Action nationale. Ses publications personnelles sont nombreuses : en 1916, les Rapaillages et en 1922, Chez nos ancêtres, recueils de récits du terroir; deux romans à thèse, l'Appel de la race et le Cap Blomidon; en 1924 et 1936, deux volumes, Notre Maître le passé; en 1935 Orientation, en 1937 Directives, recueils d'articles.

Mais ce sont ses cours d'histoire qui constituent son oeuvre principale : Nos Luttes constitutionnelles (1916), ILa Confédération canadienne (1918), La Naissance d'une race (1919), Lendemains de conquête (1920), Vers l'émancipation (1921), l'Enseignement français au Canada (1931) et la Découverte du Canada (1934). L'auteur travaille depuis à reviser ses livres afin de nous en donner une édition définitive.

Le chanoine Groulx croit à l'impartialité en histoire, mais non à l'impassibilité. Il juge les faits, les condamnant ou les louant, selon le cas. L'un de nos critiques, Henri d'Arles, a écrit de lui : « .. il est l'historien le plus complet et le plus sûr de notre génération, l'un des meilleurs –sinon le meilleur– que nous ayons eus. » Olivar Asselini ajoute : « La qualité maîtresse de l'oeuvre historique de l'abbé Groulx est la vie. Pareil don d'évocation ne s'est jamais rencontré chez aucun de ses devanciers. Il sait voir et il sait rendre.... Je salue en lui un maître de la recherche historique, un maître du style, un maître de la vie spirituelle, un maître de réflexion et d'énergie patriotiques. »

Grand dommage qu'il ne soit pas là pour recueillir vos applaudissements !

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1947 - Arthur R.M. Lower, MSRC

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1946 - A. LeRoy Burt

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1945 - Fred Landon, MSRC

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1944 - Harold Adams Innis, MSRC

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1943 - Gustave Lanctot, MSRC

La médaille Tyrrell est attribuée, cette année, à monsieur Gustave Lanctot, archiviste du Canada et historien de carrière. Il a choisi cette belle vocation après avoir passé par le journalisme et par le droit. Il a étudié à Oxford et il s'y est fait remarquer par ses recherches historiques sur les Physiocrates, prédécesseurs immédiats d'Adam Smith. C'est à Oxford que pour la première fois, j'ai pu apprécier les travaux de notre distingué médaillé; c'est là qu'au printemps de 1912, j'ai eu l'honneur de le recevoir en mon logis d'étudiant. C'est une bien douce émotion de prononcer aujourd'hui l'éloge de celui qui, à cette époque déjà lointaine soutenait alors à la Sorbonne la thèse qui lui valut son doctorat de l'Université de Paris. À son retour d'Europe vers la fin de 1912, Gustave Lanctot entra aux Archives à Ottawa. Sauf durant son service militaire de 1915 à 1918, le Major Lanctot a vécu les trente dernières années en un tête à tête constant avec la poussière sacrée des manuscrits.

Ancien président de la Section I de la Société royale, il présida aussi la Société historique du Canada de même que la Société historique d'Ottawa. Il est actuellement président de la Société de folklore du Canada et membre de la Commission des Sites et Monuments historiques.

Écrivain et conférencier, M. Lanctot a publié plusieurs études dans les Mémoires de la Société royale et dans les Rapports de la Société d'histoire du Canada. Il a fourni de nombreux articles à La Revue moderne, la Revue trimestrielle, la Revue de l'Université d'Ottawa ainsi qu'aux journaux. Il a, de plus, donné maintes conférences au Canada et aux États-Unis.

Parmi ses publications, il convient de signaler : François-Xavier Garneau (1925); L'Administration de la Nouvelle-France (1929); Le Canada d'hier et d'aujourd'hui (1934) et Les Canadiens-français et leurs voisins du sud (1941). Parmi les brochures, il faut surtout noter Montréal au temps de la Nouvelle-France et Situation politique de l'église canadienne. En anglais, M. Lanctot a écrit, entre autres, un chapitre de History of Canada de l'Université de Cambridge, The Elective Council of Quebec ("Past and Present Historians"). Il est, enfin, un collaborateur régulier de la Canadian Historical Review.

Comme archiviste du Canada, M. Lanctot s'est appliqué à inventorier les grands fonds documentaires; il a enrichi nos Archives nationales de multiples manuscrits. Surtout, il a toujours accordé l'assistance la plus généreuse et la plus fraternelle, sur place ou par correspondance, à tous les travailleurs de l'histoire, des plus humbles aux plus réputés.

Dans ses publications, M. Lanctot s'est fait remarquer par sa documentation fouillée et son impartialité absolue. Historien moderne, il a eu pour passion dominante de parvenir à la vérité documentaire en l'enrichissant de la complexité des faits sociologiques. Il a atteint ce but si élevé. D'esprit vraiment national, il a immanquablement eu le courage de laisser parler les pièces, sans les solliciter ni les forcer. Gustave Lanctot s'est toujours maintenu au-dessus de tout préjugé de parti ou de race. Son oeuvre est une magnifique leçon de probité intellectuelle et de conscience historique.

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1942 - D. C. Harvey, MSRC

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1941 - Arthur S. Morton, MSRC

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1940 - Chester Martin, MSRC

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1939 - E.-Z. Massicotte, MSRC

Issu d'une de nos plus anciennes familles venue du pays même de Samuel de Champlain pour s'implanter dans la Mauricie il y a déjà près de deux siècles et demi, le Docteur Massicotte a été longuement préparé à sa vocation d'historien par toute une lignée de paysans patriotes dont l'attachement au sol canadien a toujours été la caractéristique principale.

Il naquit lui-même à Montréal, en 1867, avec la Confédération. Je ne crains pas de le lui rappeler, car, malgré ses 72 ans bientôt révolus, il a gardé une double jeunesse, celle de l'esprit et celle du coeur.

Après de brillantes études, il crut avoir trouvé sa voie en entrant au Barreau, mais quoiqu'il eût pu y briller, il délaisse bientôt le prétoire pour s'engager dans les sentiers les plus divers au gré de sa fantaisie. D'une curiosité intellectuelle insatiable, il voulut tout explorer et s'essaya dans vingt genres à la fois. C'est ainsi qu'il ny a rien de plus curieusement varié que la liste de ses premiers ouvrages, qui vont d'un manuel de droit à un traité de botanique, en passant par des oeuvres dramatiques. Mais, même dans cet éparpillement initial, il était facile de voir que l'histoire était déjà son champ de prédilection. Collaborateur assidu de la plupart de nos revues littéraires depuis 1890, il y commettait occasionnellement des vers, mais il s'y attacha surtout le lecteur par des notations aussi curieuses qu'intéressantes sur nos coutumes populaires et sur les menus faits du passé. Il ne fut pas long à être reconnu comme la plus sûre autorité sur l'histoire de Montréal à laquelle il s'était particulièrement voué.

Aussi lorsque, vers 1911, il fut enfin question de mettre un peu d'ordre dans les archives judiciaires de Montréal si longtemps négligées, le gouvernement de Québec ne crut-il pas mieux faire que de lui confier cette tâche difficile.

Le Docteur Massicotte, durant les cinquante années que couvre sa carrière d'historien, a publié de nombreux ouvrages qui ont éclairé des points obscurs de notre histoire; il a mis à la disposition des chercheurs de précieux répertoires qui ont nécessité un labeur de bénédictin; il a résolu une infinité de problèmes dans les innombrables articles dont il a rempli nos journaux et revues, particulièrement le Bulletin des recherches historiques, et qui, mis en volumes, feraient à eux seuls une bibliothèque; il est enfin un de ceux qui ont le plus heureusement exploité le filon des traditions folkloriques dans Québec, mais le plus beau titre qu'il possède à notre reconnaissance c'est d'avoir réorganisé avec une si rare perfection les richissimes archives de Montréal qui intéressent l'histoire nationale tout entière, et c'est, mieux encore, d'en avoir ouvert à tous les trésors avec une inlassable complaisance. Grâce à lui, les archives de Montréal sont devenues une sorte de Mecque où accourent de tous les points du pays les chercheurs en quête de renseignements. Le plus généreusement du monde, du fond du sombre caveau où son dévouement à une cause chère le fait volontairement s'enfermer, depuis 25 ans, il dispense à tout venant, non seulement les richesses dont il est le gardien, mais sa science personnelle longuement accumulée. Parmi les travailleurs de l'histoire en notre pays, il en est bien peu qui ne lui soient, par quelque côté, redevables.

J'en ai dit plus qu'il n'en faut, je crois, pour justifier le geste qu'accomplit ce soir la Société royale en faisant du Docteur Massicotte le douzième titulaire de la médaille Tyrrell, une de ses plus belles récompenses, car ce geste était d'avance sanctionné par l'opinion universelle.

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1938 - William Wood, MSRC

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1937 - M. Aegidius Fauteux, MSRC

M. Aegidius Fauteux naquit à Montréal, dans le quartier de Ste-Cunégonde, le 27 septembre 1876. Il fit ses études classiques au Collège de Montréal de 1887 à 1893. Se croyant appelé à l'état ecclésiastique il entra au Grand Séminaire. À la fin de son cours de théologie il revint dans le monde, étudia le droit à l'Université Laval de Montréal et se fit admettre au Barreau en juillet 1903. Il ne pratiqua pas cependant sa profession. Déjà, en 1902, il avait commencé de se livrer au journalisme. Il publiait alors un hebdomadaire, de politique conservatrice, Le Rappel, qui dura jusqu'en 1904. De 1905 à 1909, on le trouve correspondant parlementaire de La Patrie de Montréal; puis de 1909 à 1912, rédacteur en chef de La Presse. C'est à cette époque qu'il accepta la situation de conservateur de la Bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal. Jusqu'en 1932, il y fera une oeuvre féconde qui répondait parfaitement à son tempérament et à ses goûts. Il y rendit d'immenses services d'abord à la bibliothèque elle-même, qu'il enrichit considérablement, et à la foule des étudiants et des chercheurs, à qui il prodigua sans compter ses connaissances et son temps. Quand la Bibliothèque Saint-Sulpice ferma ses portes, M. Fauteux prit la direction de la Bibliothèque Municipale de Montréal, où il continue de consacrer sa haute compétence aux intellectuels de la ville et du dehors, même de l'étranger.

Il fut élu membre de la Société royale du Canada (Section I) en 1918. Il est depuis 1927 le Président de la Société Historique de Montréal. L'an dernier (1936) l'Université de Montréal lui décerna le grade honorifique de Docteur-ès-lettres.

Au cours de sa carrière de journaliste et depuis, M. Fauteux a publié de très nombreux articles de journaux et récemment dans La Patrie, au-delà de deux cents consultations historiques. Il nous a déjà donné une bonne demi-douzaine de volumes: une Étude historique sur les bibliothèques canadiennes, en 1917; La Famille d'Ailleboust, en 1918; en 1922, un journal inédit du Siège de Québec, et une Bibliographie de la question universitaire Laval-Montréal; M. Lecoq, souvenir d'un ancien séminariste, en 1927; the Introduction of Printing in Canada, en 1930; et le Duel au Canada, en 1934. Il prépare un catalogue des Incunables Canadiens et un Dictionnaire biographique de la Rébellion de 1837.

Par sa langue toute classique, abondante et nuancée, M. Aegidius Fauteux est un des meilleurs écrivains français au Canada; par la sûreté de son information, son souci de la précision et ses idées générales, il se place au premier rang de nos historiens.

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1936 - W. Stewart Wallace, MSRC

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1935 - Ernest Alexander Cruikshank, MSRC

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1934 - John Clarence Webster, MSRC

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1933 - Frederick W. Howay, MSRC

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1932 - Pierre Georges Roy, MSRC

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1931 - Lawrence J. Burpee, MSRC

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1930 - Adam Shortt, MSRC

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1929 - George Mackinnon Wrong, MSRC

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1928 - Thomas Chapais, MSRC

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